Corpus

Quand elle ne se pare pas d´accessoires aussi incongrus qu´un poulpe, Como se présente en peintre, en modèle, en fleur.

Elle pénètre ses propres fables avec autodérision, mélancolie, espièglerie, entretenant la confusion entre les deux rôles qu´elle

tient en peinture comme dans la vie : femme qui s´observe et narratrice virtuose du pinceau.
Ici, la toile est un miroir, là c´est le palais des glaces.

Como brouille le processus d´identification. Elle rit d´elle-même, de l´observateur qui bientôt reconnaît le visage du peintre dans

les portraits de Kaéla et Chloé. La peinture de Claude Como est autobiographique dans la seule mesure où elle manifeste

ce lien précieux qu´entretient l´artiste avec le reste du monde.

 

Ce monde est macrocosme et microcosme. Le peintre un alchimiste. Des individus font corps à la nature prodigieuse. La chair

est florale, boisée, liquide, tantôt prisonnière des paysages, livrée aux éléments, tantôt radieuse, évanescente à l´heure

de l´harmonie fabuleuse. Dans cette nature hantée par les hommes, ces derniers découvrent le lien qui les unit dans la vie

comme dans la mort.

 

Laetitia LAGUZET Docteure en Histoire de l'Art, vidéaste et photographe