Gaïa

Ce qui frappe, lorsque l’on découvre le travail de Claude Como, c’est son désir de trier, lister, répertorier. Depuis 30 ans, en effet, Claude Como travaille le plus souvent par séries : le Szondi test (6 séries de 48 portraits de psychopathes, 1990-1992), Fragments agrandis d’anatomie (19961999), Rosacerdoce (une installation de 1000 tableaux représentant une rose dans la serre du parc de Saint Cloud, 2004), Landscapes (2013- 2016), etc. Ce travail sur des ensembles, qui sous entend implication sur la durée  et immersion complète dans un sujet, traduit un besoin universel - exacerbé chez l’artiste - de trouver des réponses à ce qui nous dépasse. Une démarche touchante, parce qu’utopique, d’inventorier pour mieux comprendre ce qui nous entoure et de capturer l’infini des possibilités que nous offre le vivant. C’est particulièrement le cas pour Gaia (Work in in Progress) entamée en 2018, que la Galerie Lazarew a l’honneur de présenter aujourd’hui. Ici, il est question d’une plongée au coeur de la terre nourricière, la terre mère, où l’humain, l’animal et le végétal s’entremêlent, où la sensualité, la vie et la mort rodent dans un écosystème silencieux. Chez Claude Como, ce silence, loin d’être associé à l’absence ou la mort, trouble parce qu’il est puissamment vivant. Autour d’une installation centrale (La Flaque, 2019 - huile et résine sur bois, huile sur toile), Claude Como propose des oeuvres qui dialoguent par analogie de sens, de formes, de matières, de couleurs et d’expériences. Tout dans cette exposition est organique, vivant, depuis les sujets traités jusqu’à la scénographie, en passant par la manière dont les objets et tableaux se répondent. Les paysages au fusain qui ouvrent l’exposition se retrouvent sur les bustes de femme en céramique, dont le dos végétal rappelle les éléments marins (coraux, algues) des sculptures Hands remain. Au sein de celles-ci, on retrouve parfois un pied, une main, en écho aux puissantes huiles sur toile des mains nouées (Hand Made I et II). On ne peut rester insensibles à la vue des oiseaux aux ailes végétales de la série Icarus (céramique), disposés dans une position troublante… qui n’est pas sans rappeler celle de la femme allongée qui nous regarde (Allegoria, huile sur toile). Huile sur toile, résine, fusain, céramique, Claude Como met au service de la diversité du vivant la pluralité des mediums, avec virtuosité et justesse; elle donne naissance à des oeuvres reliées mais qui revendiquent leur unicité, dans une exposition énigmatique et puissante.


Laura De Pontcharra Galerie Lazarew Paris

 

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